L’ambition du Gouvernement du Président Patrice Talon de valoriser et promouvoir le patrimoine culturel ne saurait être une réalité sans une réelle politique de préservation et d’une lutte efficace contre le pillage, la destruction et le transfert illicite de ce trésor. C’est dans cette optique que le Gouvernement a pris l’initiative d’une loi qui permettra non seulement d’assurer la protection du patrimoine culturel, mais également de prendre en compte certaines préoccupations mondiales à l’effet de construire une économie culturelle à partir de ce dernier. Le texte de loi proposé par le Gouvernement a été adopté par l’Assemblée nationale réunie en séance plénière le jeudi 14 octobre 2021, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
C’est un dispositif législatif de 164 articles organisés en 20 chapitres qui sont inclus dans 08 titres qui était au cœur des travaux en Commission au Parlement, le 11 octobre en présence du Ministre du tourisme, de la culture et des arts. Le rapport desdits travaux a fait l’objet de discussion au cours de la séance plénière du 14 octobre. Outre la protection du patrimoine, le nouveau texte de loi voté, intègre des préoccupations nouvelles comme la circulation des biens culturels, leur transfert illicite, la protection des données informatiques liées au patrimoine culturel, la promotion du mécénat culturel et l’auto-assurance de l’Etat pour les biens culturels. Il prend également en compte la nécessité d’un meilleur encadrement juridique des musées publics et privées en tant que cadre de conversation et de valorisation du patrimoine culturel ainsi que le renforcement des sanctions pénales liées aux infractions touchant audit patrimoine.
Un texte d’intérêt selon la représentation nationale
A la suite des membres de la Commission de l’éducation, de la culture et des affaires sociales et celle des lois, de l’administration et des droits de l’homme dont les avis favorables n’ont guère étonné l’opinion publique, les députés ont à l’unanimité, approuvé le texte, marquant ainsi leur soutien et celui du peuple à l’initiative du gouvernement de réclamation des objets d’art pillés par les Colons.
Mais avant l’adoption du texte, les élus du peuple de la 8ème législature ont au cours du débat général, montré un intérêt particulier sur le sujet du retour des biens qui reste entre autres motifs majeurs de l’initiative de ce projet de loi. Ils ont notamment, apprécié l’initiative Bénin de réclamer des trésors royaux d’Abomey pillés pendant la période coloniale puis encourager le Chef de l’Etat et son Gouvernement à aller jusqu’au bout de ce dossier. Leurs inquiétudes ont tourné essentiellement autour des infrastructures muséales à apprêter pour accueillir les œuvres, les ressources humaines nécessaires pour la gestion et la conservation des biens, les dispositions sécuritaires prises et le sort réservé aux nombreux trésors royaux et patrimoniaux qui seraient encore hors du Bénin.
Les clarifications du Ministre de la culture
« … Le Bénin n’est pas dans une démarche conflictuelle mais nous sommes dans une démarche de coopération patrimoniale avec la partie française » a fait remarquer le Ministre en charge de la culture Babalola Jean-Michel Hervé Abimbola dans son exposé de la vision du Gouvernement et de la démarche qui sous-tend l’initiative de faire revenir les œuvres d’art dans le patrimoine de l’Etat. Il s’agit à en croire ses propos, de soutenir la vision du chef de l’Etat de bâtir le développement du Bénin sur l’agriculture et le tourisme en lien avec la culture et les arts. Une vision pour laquelle d’importants investissements sont faits, notamment pour la construction des infrastructures muséales et la formation des professionnels, la mise en œuvre des réformes. Tout ceci dans le but de mettre le tourisme béninois aux normes et standards internationaux.
Sur la question des préparatifs, le Ministre Abimbola a rassuré la représentation nationale que « tous les aspects ont été pris en compte pour que le monde entier soit convaincu sur l’approche du gouvernement ». « Les premières infrastructures seront prêtes dès novembre 2021 (…) Nous sommes en phase avec l’agenda qui a été retenu avec la partie française et nous n’avons aucune difficulté à accueillir nos œuvres en 2021… » a-t-il ajouté.
Il faut noter qu’à travers le vote de cette loi, le Parlement béninois vient de donner un appui considérable au combat de l’Exécutif pour la protection de son trésor patrimonial et favoriser la restitution, la circulation des œuvres et autres faites par le Bénin. Des 90% de biens africains se trouvant hors de l’Afrique, le Bénin actionne ainsi sa machine pour le retour au bercail des siens et prévenir toute tentative de pillage, destruction ou de transfert illicite de ces trésors, symboles de sa puissance royale.
